05/05/2014

L'atelier créatif La Ronde

On rigole bien dans ces espaces aussi joyeux que l'humeur générale, ici avec Mylène Wille-Rathfelder tout à gauche qui montre comment on fait. (Richard Leuenberger)

Il a été inauguré vendredi soir au Locle, exactement sur le même modèle que celui de La Chaux-de-Fonds: l'atelier créatif. La Ronde se tient désormais dans une belle maison avec grand jardin, rue Girardet 37, au Locle.

Celui de La Chaux-de-Fonds est aujourd'hui installé rue du Progrès 7 (après avoir déménagé d'un appartement de la rue du Nord devenu trop exigu) mais ces deux lieux ont la même structure, la même philosophie et la même équipe éducative, dont l'initiatrice, Mylène Wille-Rathfelder, qui a fait une carrière de danseuse étoile, et directrice d'Arts' Danse Studio.

Pourquoi avoir ouvert un atelier au Locle? C'est que parmi plus d'une centaine de familles que compte aujourd'hui La Ronde, il y a des enfants du Cerneux-Péquignot, de La Chaux-du-Milieu... Et de toute façon, «il y a longtemps que l'idée nous trottait dans la tête», explique Mylène Wille-Rathfelder.

La Ronde «n'est pas une crèche», précise-t-elle d'entrée de cause. On y fait un accueil par demi-journée, sans repas de midi, pour les petits dès deux ans. Mais il n'y a guère de limite d'âge, certains vont déjà à l'école et reviennent à La Ronde faire leurs devoirs. C'est une association à but non lucratif, créée par des professionnels de l'enfance, pédagogues et artistes. Ce qui en fait l'originalité, c'est la mise en commun des compétences artistiques de toute l'équipe, que ce soit en expression corporelle, rythmique, musique, peinture, bricolages, et même cuisine! Les petits apprennent en s'amusant, toutes cultures mélangées. D'ailleurs, certains parents y amènent leurs enfants pour qu'ils y apprennent le français.

La Ronde travaille aussi avec les services sociaux, et accueille également des enfants en difficulté d'apprentissage. Cela dit, elle ne touche aucune subvention, mais elle est soutenue par la Loterie romande ou autres donateurs.

La Ronde fait partie de la vie de la cité. L'an dernier, elle avait donné un méga-spectacle à la salle Saint-Louis, mais on avait dû refuser du monde: elle cherche une salle assez grande pour recommencer l'an prochain. Elle tient la «tente-enfants» à la Braderie, et évidemment, fera partie des deux cortèges des Promos. La prochaine échéance, c'est la confection des costumes. CLD.

Presse

Atelier créatif la Ronde jardin d’enfants

Pour nous contacter :

Atelier :          032 968 24 34

Mobile :          079 488 41 31

Messagerie : info@atelier-la-ronde.ch

Atelier créatif La Ronde :

une autre façon d’envisager la différence

« Vous voyez des choses et vous dites : pourquoi? Mais moi, je rêve des choses qui n’ont jamais existé et je dis : pourquoi pas ? » Cette citation de George Bernard Shaw résume ce que je ressens après avoir visité l’Atelier créatif La Ronde et avoir parlé avec Mme Aurélia Wille, qui y travaille comme éducatrice.
Restons d’abord terre à terre. L’atelier créatif la Ronde est une structure privée créée en 2011. Les enfants y sont accueillis de deux à six ans. Il est ouvert tous les matins et après-midi du lundi au vendredi sauf pendant les vacances scolaires. Le prix
est de CHF 100.- mensuel pour un demi-jour par semaine.
Passons maintenant à une autre réalité :
Le personnel est composé de professionnels de l’enfance, passionnés par la pédagogie et l’expression artistique. Les cinq professionnels qui composent l’équipe ont à leur arc des formations aussi diverses que danseuse, art-thérapeute, nurse, biologiste, assistante socio-éducative, enseignante de théâtre ou éducatrice de l’enfance. Pas étonnant, puisque le but de l’atelier est de développer chez les jeunes enfants dès 2 ans, par l’exploration artistique, la socialisation, la motricité et la créativité essentielles à leur bien-être. Pas surprenant non plus que les locaux soient à couper
le souffle : de beaux meubles anciens, plusieurs espaces dont deux grandes salles très aérées, de splendides illustrations sur les murs, …
La volonté de l’équipe est d’accueillir des enfants avec des besoins spécifiques et cela fait partie du projet pédagogique.
D’ailleurs le dépliant de présentation précise que « l’atelier accueille un certain pourcentage d’enfants en difficulté d’apprentissage ou en situation de handicap » et le site internet mentionne également le handicap. Si l’avis de Mme Wille sur l’intégration des enfants à besoins spécifiques rejoint celui de ses collègues, on comprend facilement d’où vient cette volonté :
« Je pense que ce type d’intégration apporte un plus à tout le monde. D’abord à l’enfant lui-même qui peut expérimenter la séparation d’avec sa famille, qui fait partie d’un groupe, qui est stimulé. Ensuite à ses camarades qui apprennent ainsi la tolérance et l’ouverture. Enfin aux professionnels qui ont le plaisir de travailler avec des enfants souvent ravis d’être là, qui sont obligés de réfléchir différemment et de travailler avec des professionnels de formations parfois très différentes. »
Concrètement, l’atelier a accueilli ou accueille des enfants avec des retards de langage, des retards psychomoteurs, des enfants trisomiques, dyspraxiques, dysphasiques, avec des troubles autistiques. Les enfants ne sont pas regroupés selon leur âge. C’est pourquoi il y a des enfants avec des capacités et une autonomie très différentes dans un même groupe.
L’équipe éducative en tient compte lorsqu’elle prévoit une activité. Il n’y a donc aucun problème si un enfant de quatre ans n’arrive pas à faire ce que font les autres du même âge, les professionnels ou les autres enfants lui apporteront la même aide qu’ils apporteraient aussi
à un enfant plus petit dans le même groupe. Face à un enfant en situation de handicap, les éducatrices sont simplement plus vigilantes et collaborent volontiers avec les parents et les autres professionnels.
L’inscription d’un enfant avec des besoins spécifiques ne diffère pas de celle d’un autre enfant si ce n’est que les parents ont parfois été orientés dans cette structure par un thérapeute.
Autrement dit, les parents visitent les locaux, discutent avec l’équipe éducative et évaluent ensemble quels sont les besoins de l’enfant, de l’atelier et des parents. S’ensuit une décision de confier et d’accueillir ou non l’enfant.

L’atelier a aussi ses limites et ne pourrait, par exemple, pas accueillir d’enfants avec de gros problèmes de violence. Les difficultés de motricité pourraient aussi être un frein puisque certains espaces ne sont accessibles que par un petit escalier.
Quant à savoir comment l’équipe éducative s’y prend pour favoriser l’intégration des enfants avec un handicap parmi leurs camarades, la réponse de Mme Wille fuse
« j’ai remarqué que la façon la plus simple d’intégrer ces enfants est de ne pas les singulariser. Par ailleurs, les parents spécifient souvent qu’ils ne veulent pas de traitement spécial pour leur enfant, mais qu’il soit simplement intégré comme les autres, ce que nous faisons. Lorsqu’un enfant pose des questions sur les difficultés d’un camarade, j’y réponds directement que ce soit en tête-à-tête ou avec les autres. Ma réponse est souvent très simple et pourrait se résumer en cinq mots : « tous les enfants sont différents ».

SAR

Article tiré du
« journal d’insieme » fin 2015
www.insieme.ch
www.insieme-ne.ch